À propos

Les Acadiens du Québec

Réalisateur : Phil Comeau.
Scénariste et productrice : Monique LeBlanc (CinImage Productions).

Peu importe qu’on nous appelle Acadiens du Québec, Acadiens-Québécois ou Québécois d’origine acadienne, car nous avons tous le même héritage ! Fred Pellerin, Philippe Jetté, l’ex-premier ministre Bernard Landry, Guillaume Arsenault, Claude Cormier et de nombreux autres composent pour nous cet entraînant grand reel, nous rappelant les origines oubliées et méconnues des Québécois d’origine acadienne, dont les ancêtres sont arrivés il y a plus de 250 ans.

 

Le réalisateur Phil Comeau et la scénariste Monique LeBlanc proposent, avec Les Acadiens du Québec, une série documentaire nous faisant découvrir une Acadie profondément ancrée au cœur même du Québec. Mémoire collective, rappels historiques, sociologie de l’objet ou souvenirs personnels, cette série est riche en enseignements et en émotions, nous entraînant à travers l’histoire événementielle, sociale et culturelle. Les Acadiens du Québec témoigne avant tout de ce fait : 3 millions de Québécois ont au moins un ancêtre acadien.

 

À travers deux épisodes, Le Grand Arrangement et Lanaudière, mémoire vivante d’Acadie, Les Acadiens du Québec porte un regard éclairé sur les liens unissant le Québec et l’Acadie.

 

 

Mot du réalisateur Phil Comeau

Acadien moi-même, j’habite le Québec depuis bientôt 30 ans, et encore aujourd’hui, en entendant mon accent, des Québécois me posent ces questions identitaires : « D’où viens-tu? », « Qui es-tu? » Je suis toujours fier de leur apprendre que je suis acadien. Et, chose amusante, lorsque je découvre que leur propre nom de famille est d’origine acadienne, je me fais un plaisir de le leur dire. Et, très souvent je ne puis que constater leur étonnement, voire leur doute.

 

Cela étant, de nombreux Québécois sont fiers de faire partie d’un peuple courageux et déterminé. Ils connaissent et reconnaissent leurs origines. Ils estiment même avoir deux nationalités et se présentent comme Acadiens-Québécois , ou encore comme Québécois d’origine acadienne.

 

Le tournage de cette série, composée de deux épisodes, Le Grand Arrangement et Lanaudière, mémoire vivante d’Acadie, aura été un voyage de mémoire, de découvertes et de rencontres dans tout le Québec. Nous nous sommes arrêtés dans des régions bien souvent fondées par des Acadiens ou encore de petits villages qui se sont trouvés peuplés par l’arrivée massive d’Acadiens.

 

Tout au long de cette aventure, nous avons rencontré des individus conscients et fiers de cette double nationalité et qui le prouvent en préservant nos traditions acadiennes et en sauvegardant notre folklore. En ce sens, tourner avec Fred Pellerin, Philippe Jetté et les autres participants a été une expérience magnifique et révélatrice!

 

Il était également important que Les Acadiens du Québec témoigne de cette méconnaissance de l’apport important, et ce, tant démographique que culturel, des Acadiens au Québec. Il est dommage de constater que la grande majorité des Québécois ne connaissent pas leurs origines et l’histoire de leur nation.

 

Je reste intimement persuadé qu’être fier de sa culture consiste à savoir et à comprendre qui l’on est et d’où l’on vient. En ce sens, je souhaite que ces deux épisodes contribuent à une plus grande prise de conscience de l’importance de la culture acadienne au Québec. Car je rêve du jour où tous les parents acadiens-québécois diront avec fierté à leurs enfants qu’ils sont d’origine acadienne.

 

Merci aux centaines de personnes de tous âges, de toutes origines et de plusieurs régions du Québec qui ont exprimé leur fierté acadienne dans ces films.

 

Longue vie aux Acadiens du Québec!

 

Phil Comeau

Cinéaste acadien à Montréal

Biographie de Phil Comeau

Installé à Montréal depuis plusieurs années, Phil Comeau est un réalisateur acadien qui a plus de 30 ans d’expérience. Véritable globe-trotteur, il a tourné dans une vingtaine de pays des documentaires uniques, des séries documentaires, des dramatiques ainsi que des courts, des moyens et des longs métrages de fiction. Auteur d’une centaine de films, il a obtenu plus de 32 prix dans des festivals et des galas nationaux et internationaux.

 

Réalisateur précoce, c’est à l’âge de 20 ans que Phil Comeau réalise sa première œuvre, La cabane (1978), un moyen métrage, en coproduction avec l’Office national du film (ONF). Cette expérience marquera le début d’une fructueuse collaboration entre lui et l’ONF avec Les gossipeuses (1978), J’avions 375 ans (1982), Le creux de la vague et Le deuxième souffle (1987) ou encore Au mitan des îles (1991).

 

C’est également avec l’ONF qu’il réalisera son premier long métrage de fiction, Le secret de Jérôme (1994). Cette histoire vraie remportera plus de 16 prix et distinctions décernés par des festivals du monde entier, notamment le Prix de la meilleure première œuvre au Festival international du film francophone de Namur, en Belgique, et au festival Cine-Quest à San José, en Californie. Il a réalisé deux autres longs métrages : Teen knight (1998) et Ténérife, le crash du siècle (2004).

 

Les œuvres télévisuelles de ce réalisateur engagé, tant francophones qu’anglophones, sont nombreuses et diffusées au Canada, aux États-Unis et en France. Ainsi, au cours de ces années, il aura scénarisé et réalisé de nombreux documentaires uniques et séries documentaires, dont La mer et la météo (1990), Archéologie (1992), Quelle aventure ! (1999), Tall ship chronicles (2002), Chopin : Frédéric et Georges Sand (2001), Stunt stars (2008), Frédéric Back, la nature avant tout (2009). Parmi ses téléséries de fiction figurent Le tapis de Grand-Pré (1985), Lassie (1996), Émilie de la Nouvelle Lune (1997), Pit Poney (1998), Tribu.com I et II (2000-2002), Les couleurs de mon accent (2003), La sagouine (2006) et Risk takers (2007). En 2011, Phil Comeau s’engage dans la réalisation des deux épisodes de Les Acadiens du Québec et du documentaire Frédéric Back, grandeur nature (2012).

 

Les Acadiens du Québec est le reflet de l’engagement de Phil Comeau envers ses origines et sa culture acadienne. Culture et origines qu’il a su promouvoir et faire rayonner comme nul autre au fil des années. À ce titre, il a reçu de nombreuses distinctions honorifiques, dont celle de Chevalier des arts et des lettres de la France en 2006, et celles de membre de l'Ordre des francophones d'Amérique du Québec en 2007 et de l’Ordre du Canada en 2010.

Notes d’intention : Monique Leblanc

JE ME SOUVIENS… DES ACADIENS DU QUÉBEC !

Passionnée d’histoire, c’est en parlant de l’apport des Acadiens au peuplement du Québec avec l’historien Maurice Basque que je décidai d’entreprendre ce projet documentaire. En effet, comment ne pas être étonnée d’apprendre que lors du Grand Dérangement de 1755, parmi les 14 000 Acadiens chassés de leurs terres, entre 4000 et 5000 iront, dès le 18e siècle, s’installer définitivement au Canada français, soit au Québec.

 

En consultant les livres et les études sur l’histoire du Québec, du Canada et même de l’Acadie, j’ai voulu en savoir plus sur ces milliers d’Acadiens venus s’enraciner dans la belle province. Quelle déception et quel étonnement de constater que le sujet n’avait été que très rarement abordé ! Mes conversations avec l’historienne en démogénétique Josée Bergeron, de l’Université du Québec à Montréal, auront été plus éclairantes. Fortement intéressée par le sujet, elle a fait partie d’un groupe qui a dirigé une récente étude, en collaboration avec l’Université du Québec à Chicoutimi. Dans l’épisode Le Grand Arrangement, elle démontre que les Acadiens sont bien installés au Québec depuis 250 ans et que, sur les 6 millions de Québécois, la moitié a au moins un ancêtre acadien.

 

Néanmoins, nous constatons que nos ancêtres acadiens, qui ont pourtant peuplé le Québec et contribué à sa construction, font partie des oubliés de l’histoire! Pourtant, ce contingent représenterait le nombre le plus important de déportés acadiens à se rendre dans une terre choisie et à y trouver refuge.

 

Il est facile d’imaginer les conséquences démographiques, mais également sociales et culturelles que cela a eues dans les diverses régions où s’installèrent les familles Boudrot, Pellerin, Cormier, Gaudet, Vigneault et tant d’autres, amenant avec elles histoire, culture et traditions. Voilà très précisément ce qui m’intéressait : l’apport des Acadiens à l’histoire du Québec d’antan et d’aujourd’hui.

 

Les Acadiens du Québec déplore ce silence sur la présence, dès le 18e siècle, des Acadiens au Québec, mais ne cherche pas à l’expliquer. Je voulais surtout montrer comment cet exode a façonné de façon incroyable la culture québécoise. Je voulais fouiller la tradition orale qui est la nôtre et que nous avons su sauvegarder.

 

Je voulais montrer notre apport au Québec dans cette façon particulière d’énoncer les noms de nos ancêtres et les régions d'où ceux-ci provenaient. Je voulais montrer ces familles, ces Québécois, ces passionnés qui n’ont pas oublié qui ils sont. Surtout, je voulais qu’on retrouve cette page manquante de la grande saga acadienne.

 

Et puis, Je me souviens étant la devise du Québec, je voulais que l’on se souvienne que l’Acadie et le Québec sont plus apparentés qu’on ne le croit!

 

Monique LeBlanc

Productrice – scénariste – recherchiste

 

Biographie de Monique LeBlanc

Réalisatrice, actrice, scénariste, écrivaine et productrice, Monique LeBlanc est l’une des figures de proue de l'industrie cinématographique des provinces de l'Atlantique. Au cours des 20 dernières années, elle a travaillé sur plusieurs courts, moyens et longs métrages documentaires et de fiction, à titre de scénariste, de réalisatrice et de productrice. 

 

Réalisatrice accomplie, elle se lance dans le monde du cinéma et de la télévision par le biais de l’écriture. En 1983, elle scénarise Cap Lumière, un court métrage mettant en vedette Kim Yaroshevskaya et Viola Léger. Enchantée par l’expérience, elle poursuit son travail d’écriture, mais se met aussi à rêver de réalisation.

 

Entre 1983 et 1995, en véritable touche-à-tout, ce qu’elle est véritablement, Monique LeBlanc sera à la fois chroniqueuse, réalisatrice et animatrice, tant à la radio qu’à la télévision de Radio-Canada Acadie. Dotée d’un talent de conteuse et d’humoriste, elle crée le personnage emblématique de Maria, qui la mènera sur de nombreuses scènes des Provinces atlantiques, ainsi qu’à la radio de Radio-Canada Acadie durant plusieurs années.

 

Dès le début des années 90, Monique retourne à ses premières amours. En 1995, elle scénarise et réalise son premier documentaire, The Acadian connection — Le lien acadien (ONF), qui récoltera trois prix, dont celui de la meilleure réalisation au Festival du film de l’Atlantique. Suivra en 1997, le road movie philosophique Cigarette (ONF), qui, non seulement obtient un succès d’estime, mais fait une percée commerciale un peu partout dans le monde, est sélectionné dans de nombreux festivals et obtient un prix au Festival du film de l'Atlantique.

 

En 1999, elle fonde CinImage Films, qui deviendra plus tard CinImages Productions. Productrice et réalisatrice prolifique, Monique LeBlanc propose depuis documentaires, séries télévisées et fictions, un court métrage de fiction, Horse Sense (1999), ainsi que Artistes dans l’âme et Petites vues de chez nous, deux séries documentaires appréciées du public télévisuel en Atlantique. D’ailleurs, un épisode de Petites vues de chez nous, Port-au-Port, réalisé par Pamela Gallant et produit par Monique LeBlanc, remportera le prix TV5 aux Rendez-vous du cinéma québécois en 2012.

 

En même temps, elle réalise et coproduit avec l’ONF son deuxième long métrage documentaire, Les chemins de Marie – On the road with Mary (2005). Elle coproduira un long métrage de fiction, Growing op (2008), avec le réalisateur et producteur néo-écossais Thom Fitzgerald.

 

L’année 2010 est une année particulièrement occupée pour Monique LeBlanc ! Elle produit un documentaire sur la restauration de la rivière Petitcodiac, la série Petites vues de chez nous dont elle réalise deux épisodes, puis un documentaire unique sur un peintre acadien contemporain, Roméo Savoie – la peinture au corps. Cette œuvre recevra par ailleurs une mention spéciale du FIFA (2011), sera sélectionnée au Festival international du film sur l’art (2011) de Montréal et concourra aux Gémeaux 2011, dans la catégorie meilleur documentaire culture.

 

En 2011, Monique LeBlanc conçoit, scénarise et produit Les Acadiens du Québec, dont elle confie la réalisation à Phil Comeau. À travers deux épisodes, Le Grand Arrangement et Lanaudière, mémoire vivante d’Acadie, cette série documentaire porte un regard éclairé sur les liens historiques, démographiques et culturels unissant le Québec et l’Acadie.