1755-1762 LES RÉFUGIÉS ACADIENS AU QUÉBEC

Si certains Acadiens ont échappé à la déportation, leur sort n’en a pas été moins malheureux. Entre les intempéries, l’hiver infernal de 1756, qui fait de nombreuses victimes parmi eux, le manque de vivres, les maladies et les attaques des Anglais, plusieurs centaines d’Acadiens, surtout des vieillards et de jeunes enfants, périssent. Certains réfugiés parviennent à demeurer au Nouveau-Brunswick ou en Nouvelle-Écosse, mais la très grande majorité d’entre eux se rend au Canada français pour y trouver asile.

 


 

Les révoltés du Pembroke

En décembre 1755, quelque huit (C’est un peu bizarre : soit c’est huit, soit c’est sept ou neuf J) navires quittent Port-Royal avec à leur bord des centaines d’Acadiens (hommes, femmes et enfants) qu’on entend déporter dans les colonies américaines. Parmi eux, le Pembroke, qui doit se rendre en Caroline du Nord (voir plus haut). Celui-ci n’arrivera pas à destination!

 

Sur le navire se trouve Charles Béliveau, qui imaginera un subterfuge permettant aux 232 prisonniers d’échapper à leur triste sort. En compagnie de cinq de ses compagnons, il prend possession du navire et le conduit à l’abri à l’île aux Chèvres, dans la région de la baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse. Un mois plus tard, il fait cap sur le port de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, toujours sous la tutelle des troupes françaises.

 

Certains des passagers du Pembroke trouveront refuge dans le nord du Nouveau-Brunswick, d’autres choisiront de remonter la rivière Saint-Jean, puis la Madawaska en canot. Ces derniers traverseront ensuite le lac Témiscouata, puis parcourront le portage menant à Trois-Pistoles. De là, ils se rendront à Québec, où nombre d’entre eux succomberont à la petite vérole. Parmi ceux qui survivront à l’épidémie, beaucoup iront s’établir de façon définitive dans la région de Lanaudière.