1755 et 1763

En plus des quelque 7000 personnes expulsées à l’automne 1755, on estime qu’environ 2000 à 3000 Acadiens réfugiés sur l’île Saint-Jean (île du Prince-Édouard), l’île Royale (Cap-Breton) et ailleurs au Nouveau-Brunswick seront déportés durant cette période.

 


 

L’incroyable périple de Marie-Blanche LeBlanc

L’historien et généalogiste Stephen White retrace le périple de Marie-Blanche LeBlanc. Née en 1751, fille de Félix LeBlanc et de Marie-Josèphe Thériot, elle meurt en 1827 à Bécancour, au Québec. Elle serait l’Acadienne ayant été déportée le plus grand nombre de fois par les Anglais.

 

Marie-Blanche a seulement 4 ans lorsque sa famille est déportée une première fois en Caroline du Sud, en 1755. Elle parvient à s’enfuir, remonte jusqu’au Nouveau-Brunswick et décide de s’installer à l’île Saint-Jean.

 

En 1758, la famille LeBlanc est déportée une seconde fois, car la majorité des Acadiens ayant trouvé refuge à l’île Saint-Jean est déplacée en Angleterre. À la suite du traité de Paris en 1763, les LeBlanc sont amenés à Boulogne-sur-Mer, en France. Ils iront s’installer à Saint-Servan, en Bretagne.

 

Marie-Blanche quittera la France entre 1773 et 1774 et se rendra à Saint-Pierre et Miquelon. Elle y épousera Pierre Le Thiecq en 1775.

 

Une nouvelle guerre éclate entre la France et l’Angleterre. En 1778, les habitants de Saint-Pierre et Miquelon sont à nouveau déportés vers la France. Marie-Blanche, qui est maintenant mère de deux garçons, en est à son troisième déracinement. En 1783, la paix est rétablie et le traité de Versailles permet à Marie-Blanche, à son mari et à ses enfants de regagner Saint-Pierre et Miquelon.  Mais les Anglais vont s’emparer de l’île en 1793.

 

En 1795, quatrième déportation de cette brave Acadienne et des siens. Ils prennent la direction de Boston, puis de la France. Les cinq années françaises furent effroyables, Marie Blanche perdra son mari et ses enfants, à l’exception d’un fils, Joseph-Sébastien.

 

En 1816, Marie-Blanche et son fils retournent vivre à Saint-Pierre et Miquelon, puis ils rejoignent l’abbé Lejamtel, missionnaire à Arichat, au Cap-Breton. Son séjour en Nouvelle-Écosse sera de courte durée car l’abbé Lejamtel est bientôt nommé curé de Bécancour. Marie-Blanche et son fils Joseph-Sébastien Le Thiecq le suivront en 1819.

 

À Bécancour, Joseph-Sébastien épousera Marie-Pélagie Hébert, une fille de descendance acadienne.

 

À près de 70 ans, Marie-Blanche LeBlanc-Le Thiecq a enfin trouvé un asile à Bécancour, au Québec. Là, elle vit assez longtemps pour connaître ses petits-enfants. Elle meurt le 23 octobre 1827. Selon Stephen White, tous ceux qui portent le patronyme de Le Thiecq au Québec sont des descendants de Marie-Blanche LeBlanc.